Pierre Chevron

D O N ‘ T    C R O S S    T H E    L I N E

Exposition: 9 Septembre – 3 Octobre, 2016

VERNISSAGE : 8 SEPTEMBRE, 18H – 21H

VIDEO PAR http://www.croissant-prod.com/

“Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, que de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne.”

Jean-Jacques Rousseau,1755
Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les homes

Si Jean-Jacques Rousseau s’interroge ici sur la notion de propriété, c’est également la question des frontières, à la fois physiques et symboliques que l’artiste pose avec « Don’t cross the line».

Que de chemin parcouru depuis les Lumières pour que les barrières psychologiques servent le respect de la différence, pour limiter et endiguer les guerres, pour tenter de gérer les conflits territoriaux pacifiquement, conviant les belligérants à la table des négociations, créant des interdépendances économiques, sociales et politiques pour dépasser nos craintes animales et nos réactions primaires.

Comment aujourd’hui encore une simple ligne jaune tracée sur le sol, une bouée perdue au milieu de la mer peuvent-elles dicter notre conception du monde, notre rapport à l’autre, nous pousser à le considérer avec amitié ou hostilité ?

A force de n’entendre que les oiseaux de malheur et leurs angoissantes prédictions, nous élevons des murs et déroulons des barbelés qui emprisonnent notre liberté, nous asservissons notre réflexion à nos vieux démons, nous percevons autrui comme une menace plutôt qu’une richesse. Des prophéties, des craintes souvent artificielles qui à force d’être martelées, finissent par devenir réalité.

Pierre Chevron met en scène ces limites physiques, ces barrières mentales qui exacerbées nous trompent, ces cadres de pensée qui deviennent parfois des carcans pour notre compassion, pour notre humanité.

En interrogeant notre regard, en questionnant nos habitudes, en confrontant nos manières de percevoir et d’apprécier le monde et ses limites, l’artiste appelle le visiteur souvent victime de cette logique morbide à lutter, à dépasser ses à priori et à agir, pour échapper à son destin.

Un mot sur l’artiste

Diplômé de l’institut d’Etudes Politiques de Toulouse puis chargé de médiation culturelle en Avignon, Pierre admire les univers de Camus, Duchamp et sa boite-en-valise, Le Corbusier, Jour de fête de Tati, Le cirque de Calder ou encore Paroles de Prévert, et la volonté de ces hommes à proposer des œuvres non plus seulement esthétiques, mais aussi utiles, magnifiant le quotidien, oniriques, interrogatrices, engagées et surtout ouvertes à tous. Des artistes sans préjugés et confiants dans la capacité du lecteur ou du spectateur à échanger et interagir physiquement et mentalement avec leurs créations.

De même que les vitraux colorés des cathédrales servaient autrefois de médiateur entre l’Evangile, l’Eglise et ses fidèles, Pierre met en scène des objets du quotidien, connus de tous, afin de susciter l’identification à l’œuvre, encourager un engagement. Il ne se veut pas donneur de leçon mais lanceur d’alertes, sans renoncer à débusquer les refrains anesthésiants, les sirènes mortelles, bousculant avec humour nos idées reçues avalées sans critique, cherchant à réveiller le visiteur dans un sourire poétique.

Pour plus d’informations : info@artefact-marais.com

SERIES : INVASIE & WONDERLAND

CONCEPTUAL SCULPTURES


“The first man who, having fenced in a piece of land, said “This is mine,” and found people naïve enough to believe him, that man was the true founder of civil society. From how many crimes, wars, and murders, from how many horrors and misfortunes might not any one have saved mankind, by pulling up the stakes, or filling up the ditch, and crying to his fellows: Beware of listening to this impostor; you are undone if you once forget that the fruits of the earth belong to us all, and the earth itself to nobody.”
― Jean-Jacques RousseauDiscourse on the Origin of Inequality

If Jean- Jacques Rousseau is examining the concept of ownership here, it is equally a question of borders, both physical and symbolic, that the artist is posing with “Do not cross the line.”

There is still progress to be made since the Enlightenment so that these psychological barriers nourish a respect for what is different, in order to limit and contain wars, to try and manage territorial disputes peacefully, to invite the warring parties to the negotiating table and to create social and economic interdependencies and policies so we may overcome our animal fears and our primitive reactions.

How is it that, still today, a single yellow line on the ground or a lost buoy in the middle of the sea can dictate our worldview and our relation to each other, pushing us to consider the other with either friendship or hostility? At the mere warning from a bird of ill omen and its frightening predictions, we raise walls and roll out barbed wire that imprison our freedom, we enslave our thinking to our old demons, and we see others as a threat rather than wealth. These prophecies, which are often artificial fears, eventually become a forced reality.

Pierre Chevron visually stages these physical limitations, these mental barriers that increasingly deceive us; these frames of thought that, at times, become shackles for our compassion for humanity. By questioning our gaze, rethinking our habits, confronting our ways of perceiving and appreciating the world and its limitations, the artist is asking the visitor, often a victim of this morbid logic, to fight against it, to overcome prejudice and to react, in order to escape the fate awaiting us.

About the Artist…

A graduate of the Institute of Political Studies of Toulouse then responsible for cultural mediation in Avignon, Pierre admires the universe of Camus; Duchamp and his Boite-en-Valise, Le Corbusier, Tati’s The Big Day; Calder’s Le Cirque or even Paroles by Prévert, and the willingness of these men to offer not only aesthetic, but also useful works that magnify the everyday. Works that are dreamlike, interrogating, engaging and most especially, open to all. Artists without prejudice and confident in the ability of the reader or viewer to share and interact physically and mentally with their creations.

Like the stained glass windows of cathedrals that once served as mediator between the Gospel, the Church and its faithful, Pierre showcases everyday objects that are familiar to all in order to provoke engagement with the work. His intention is not to teach a lesson, rather to sound the alarm, without giving in to the repetitive refrains of deadly sirens that lure us to sleep. Sirens that welcome visitors with a poetic smile as we swallow, without warning or forethought, our preconceived ideas.